Pour un développement harmonieux des ressources halieutiques et pétrolières

L’offshore mauritanien connaît depuis l’année 2000 une intense activité d’exploration pétrolière.
Cette campagne a été couronnée de succés avec la découverte d’importants gisements d’hydrocarbures : Chinguitty, Banda, Thiof et Pelican au large de Nouakchott ( 17°N à 19°N).
Les compagnies internationales présentes dans l’offshore mauritaniens sont : Woodside, Hardman, British Gas, Premier Oil, Fusion Oil, Roc Oil, Energie Africa, Dana Petroleum, Wintershall, Al Thani Investissement et CNPC.
Ces entreprises ont signé avec l’Etat mauritanien des contrats de partage de production.
Seul, le champs Chinguitty a été pour le moment déclaré commercialement rentable. Les autres sont en cours d’évaluation.
Les reserves récupérables déjà annoncées sont beaucoup plus importantes que celles de Chinguitty qui sont de 120 millions de barils.
Le schéma d’exploitation du champs de Chinguity a été arrété par le consortium présidé par l’opérateur Woodside. Le debut de la production est prévu pour la fin 2005.
L’important revenu que générera l’exploitation des hydrocarbures à l’Etat ne doit pas faire oublier aux autorités l’importance de la sauvegarde de la faune marine.
Les risques de pollution sont présents sur toute la chaine d’exploitation pétrolière allant du forage du puits à l’expédition de la cargaison au client.
Une grande vigilance doit être observée et un contrôle strict de toute la chaine des opérations doit être organisé.
Les côtes mauritaniennes sont parmi les plus poissonneuses du monde. Des contrats de pêches lient l’Etat Mauritanien ou des opérateurs nationaux à des partenaires étrangers : Union européenne, Chine, japon,…
La pêche (indusrielle et artisanale) emploie plus de 20 000 personnes et fait nourrir ainsi des dizaines de milliers de familles.
La pêche artisanale est un moyen important de lutte contre la pauvreté et a été recommandée par les différentes études et différents baillerurs de fonds comme un excellent moteur d’insertion sociale.
En plus, la proximité du banc d’Arguin de la zone pétrolifère est un danger pour une zone peuplée d’oiseaux et classée patrimoine de l’humanité. Elle est aussi protégée par les conventions internationales.
L’exploitation pétrolière, si elle n’est pas bien maitrisée et étroitement surveillée, sera à l’origine de catastrophes écologiques de très grande ampleur. Celles-ci peuvent avoir, essentiellement, l’une des origines suivantes si les traiements adéquats ne sont pas effectués avant leur rejet en mer:
- les boues de forage
- les deblais de forages
- les eaux de gisements
1- Les boues de forages sont des fluides utilisés, au cours du forage, pour stabiliser le terrain et éviter les éruptions des hydrocarbures contenus dans les roches. Elles doivent être à base d’eau. Celles à base d’huile ne doivent être utilisées que si les données géologiques et géophysiques l’exigent. En cas d’utilisation, des traiements stricts doivent être effectués avant les rejets en mer en respectant fidelement les normes internationales en vigueur.
Les différents additifs à la boue pour modifier ses caractéristiques et l’adapter au terrain foré doivent être eux aussi choisis avec beaucoup d’attention et traités également dans les mêmes conditions que la boue elle-même.
2- Les deblais de forage, issus des roches traversées, qui contiennent à la fois la boue et les fluides de gisement doivent-être traités avec efficacité en respectant les normes en vigueur avant leur rejet en mer.
3- Les eaux de gisement provenant de la séparation, en surface, des hydrocarbures en gaz, en brut et en eau doivent être traités très finement et injectés dans la formation géologique pour maintenir la pression au fond du reservoir.
Des pollutions accidentelles, très graves, provenant du déversement du brut en mer lors des différentes opérations de la chaine d’exploitation et d’expédition du pétrole, peuvent aussi survenir. Mais les points énumérés ci-dessus, ont l’avantage de pouvoir être mieux maitrisés.
Les rejets des résidus des produits polluants en mer obéissent à des normes internationales très strictes. Celles-ci exigent, pour le pétrole, le respect des limites suivantes :
La concentration des hydrocarbures contenus dans l’eau de mer ne doit pas dépasser, en moyenne sur 24 h, 30 mg/l et doit être située entre 30 et 150 mg/l sur moins de 90 minutes après que le rejet ait eu lieu.
Pour tirer profit, dans les conditions convenables de cette nouvelle richesse indispensable au développement du pays et à la prospérité de ses habitants, deux alternatives sont possibles :

- La première permet de s’inspirer de l’exemple des pays limitrophes de la Mer du Nord (Ecosse, Norvège,…) qui ont su prospérer grâce à leurs hydrocarbures tout en restant de grands producteurs des produits de la Mer. Ces pays ont mis en place des systèmes de contrôle très stricts pour ne pas laisser les multinationales effectuer les rejets en mer ne correspondant pas aux normes en vigueur.
- La seconde consiste à suivre l’exemple de certains pays du Golfe de Guinée qui ont laissé les entreprises étrangères faire ce qu’elles veulent sans contrôle. La faune marine a complétement disparu à cause de la pollution générée par le déversement sans traitement des produits toxiques en Mer et un déséquilibre écologique est apparu avec des conéquences catastrophiques sur les populations de ces pays. La Mauritanie, a opté pour la première alternative en mettant l’accent sur le respect de l’environnement.
Elle doit donc se rapprocher des pays situés sur les côtes de la Mer du Nord et essayer de suivre leur exemple.
Une mission d’êtudes doit être envoyée dans les meilleurs delais en Ecosse et en Norvège pour s’inspirer de leur système de contrôle.
Le gouvernement doit mettre en place une structure de contrôle des opérations pétrolières en Mer. v Cette structure doit être autonôme et dotée de moyens humains et matériels suffisants lui permettant de s’acquiter convenablement de son rôle de garant du respect absolu des normes régissant les rejets en Mer des produits toxiques .
Elle doit donc avoir des contrôleurs sur les sites de forage, de production et d’expédition des hydrocarbures pour éviter tout type de pollution.
Ces différentes missions doivent être effectuées dans les meilleurs delais afin d’éviter au pays des catastrophes aux conséquences désastreuses.
Le debut du programme de forage de 21 puits d’exploration, d’évaluation et de production est planifié pour ce mois de Septembre. Il y a donc lieu d’aller très vite pour que la structure de surveillance et de contrôle soit opérationnelle au bon moment.
Les zones où des forages ont eu lieu entre 2000 et 2004 doivent faire l’objet d’inspection. Des échantillons doivent être prélevés et analysés par des organismes qualifiés afin d’établir un état des lieux de notre offshore et permettre ainsi à la nouvelle structure chargée du contrôle de la pollution de partir sur des bases saines.
Ismail Abdel Vetah,vetah_ismail@yahoo.fr
Consultant
Ancien Ingénieur chez Schlumberger (Services pétroliers) et FMC (Equipements pétroliers)
· Ingénieur en Développement et Exploitation des Gisements d’hydrocarbures (Ecole Nationale Supérieure du Pétrole/ Institut Français du Pétrole , Paris, France)
· Ingénieur (Ecole Centrale, Lille, France)
· DEA Mécanique ( Université des Sciences et Techniques, Lille, France)
· Master de Finance (Ecole Supérieure de Commerce, Lille, France)
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