L'actualité
Vote du projet de loi portant sur l\'Électrification de l\'Afrique ce mardi 2 février 2016 à Washington !
Date : 04/02/2016 à 23:58:22

Annna KANE
L\'appel des leaders africains entendu !

\"Ces pannes de courant interminables en Afrique doivent déclencher des courants d\'indignation. Le genre d\'indignation qui enflamme l\'activiste en chacun de nous. Oui je m\'indigne ! Mais j\'ai choisi de canaliser cette indignation et de la mettre au service de l\'action ; l\'action pour le changement!\" Tony O. Elumelu.

Des leaders africains ont exhorté à adopter la Loi sur l’Électrification de l\'Afrique. Le 28 Janvier dernier, Tony O. Elumelu s\'exprimait en leur nom à Washington. Et c’est ce mardi 2 février que la Chambre des Représentants des États-Unis devrait se prononcer sur la Loi sur l’Électrification de l\'Afrique adoptée par le Sénat à l’unanimité à la fin de l\'année dernière.

Ce projet de loi ordonne au Président des Etats-Unis d\'établir une stratégie pluriannuelle pour aider les pays d\'Afrique subsaharienne à mettre en œuvre des stratégies nationales en matière d\'électricité et à développer un mix approprié de solutions d\'énergie pour fournir l\'accès à une énergie fiable, abordable et durable afin de réduire la pauvreté et stimuler la croissance économique.

Au nom de l’African Energy Leaders Group (AELG), un partenariat public-privé de haut niveau lancé l\'année dernière, nous nous félicitons du leadership du Congrès des États-Unis sur cette question. Il est de notre avis que la Loi sur l’Électrification de l\'Afrique fournira un cadre stratégique durable pour relever les défis de la pauvreté énergétique sur le continent en misant sur une approche dirigée par le secteur privé et fondée sur le marché, ce qui est essentiel pour la viabilité de cet effort dans le temps. Si elle est adoptée, la Loi sur l’Électrification de l\'Afrique sera la loi la plus importante pour le progrès des relations commerciales américaines avec le continent africain depuis la première adoption de l\'AGOA, il y a 15 ans.

Un large éventail de sources d\'énergie existe sur le continent. Pourtant, plus de 600 millions d\'africains n\'ont pas accès à des services d\'énergie abordables, fiables et modernes. L\'accès à une alimentation de base, une éducation de qualité, des services médicaux et d\'assainissement est également refusé à des centaines de millions en raison d\'un manque de fourniture adéquate en énergie. Des enquêtes récentes auprès d\'entreprises africaines révèlent que les coûts énergétiques représentent 40 à 60 pour cent des dépenses d\'exploitation (plus de 10 fois ce qu\'ils sont aux États-Unis), ce qui augmente considérablement le coût de l\'investissement en Afrique. L\'effet du déficit d\'électricité sur nos économies est dommageable et limite le développement de façon tangible.

L\'Afrique a le taux le plus élevé d\'extrême pauvreté et la croissance démographique la plus rapide de toutes les régions du monde. Une industrialisation rapide et un développement économique durable nécessaires ne peuvent tout simplement pas être réalisés sur de telles bases.

Nous avons été encouragés par la prise de conscience progressive des leaders politiques africains et américains sur ces questions et par la volonté du secteur privé d\'investir aux côtés des gouvernements pour répondre à la demande croissante d\'énergie sur le continent. A travers l\'Initiative Power Africa, les États-Unis fourniraient une assistance pour accélérer les réformes des politiques publiques, pour accroître les infrastructures et renforcer la réglementation dans le secteur de l\'énergie. Ceci n\'est pas seulement bénéfique pour l\'Afrique car ces initiatives profiteraient aussi aux entreprises américaines qui cherchent l\'accès à des marchés nouveaux et en croissance rapide pour leurs équipements, expertise et produits.

Nous applaudissons les efforts de tous ceux qui ont défendu la Loi sur l’Électrification de l\'Afrique et nous exhortons la Chambre des Représentants à adopter cette loi sans délai. De notre point de vue, ce projet de loi codifierait l\'accès à l\'électricité en Afrique comme une priorité à long terme de la politique étrangère des États-Unis, pour le bénéfice de millions d\'Africains et pour les entreprises américaines qui font des affaires sur le continent.

Dangote est président du Groupe Dangote. Elumelu est président de Heirs Holdings et fondateur de la Fondation Tony Elumelu. Ils sont tous les deux co-fondateurs de l\'African Energy Leaders Group.

L\'African Energy Leaders Group, lancé lors du Forum Économique Mondial en Janvier 2015, est un groupe de travail de chefs d\'entreprises de haut niveau et de chefs d’État africains. En ligne avec les objectifs de l\'Initiative pour L\'Energie Durable pour Tous (SE4All en sigle et en anglais) du Secrétaire général de l\'ONU Ban Ki-moon, l\'un des principaux objectifs du groupe est de garantir un accès fiable, abordable à des services d\'énergie pour tous les Africains d\'ici à 2030, grâce à des pools énergétiques régionaux et des partenariats public-privé innovants.



Jeudi, 28 Janvier 2016
2ème Sommet Annuel Powering Africa.
DISCOURS DE TONY O. ELUMELU,

Je suis un Africapitaliste. Cela signifie que je crois que le secteur privé africain doit reconnaître et assumer son rôle dans le développement du continent et cela en investissant dans des secteurs stratégiques qui produiront des dividendes économiques et sociaux.

A travers Transcorp Power, ma société d\'investissement Heirs Holdings a pris un engagement de 2,5 milliards de dollars pour fournir 2.000 mégawatts dans le cadre de l\'Initiative Power Africa. Transcorp est un acteur clé dans le secteur de l\'énergie au Nigeria. Nous générons actuellement 19% de la consommation totale d\'électricité du Nigeria. Et notre intention est de générer 25% de la consommation totale d\'énergie. Donc, là où certains voient uniquement des problèmes en Afrique, je veux voir des opportunités pour apporter des solutions aux défis qui nous sont posés.

Pourquoi devons-nous gagner le défi de l\'énergie en Afrique ?
 Parce que plus de 600 millions d\'africains n\'ont pas accès à l\'énergie,
 Parce que l\'Afrique a besoin de 120 millions d\'emplois, avec une population toujours croissante, et que des enquêtes auprès des entreprises africaines montrent que les coûts de l\'énergie sont 10 fois supérieurs aux coûts aux États-Unis. Ce qui augmente considérablement l\'investissement en Afrique.
 L\'énergie est un sujet transversal qui a un impact sur la fourniture des soins de santé, la création d\'emplois, l\'éducation, la sécurité alimentaire, les communications et tous les autres secteurs du développement.
 L\'Afrique souhaite devenir une puissance industrielle au 21ème siècle et nous ne pouvons pas y parvenir sur la base d\'un tel déficit en électricité.

J\'ai investi dans une variété de secteurs, dont les services financiers, l\'hôtellerie, l\'immobilier, la santé, etc., mais, tous les jours, ma journée de travail commence avec une revue du tableau de bord des mégawatts générés par notre centrale électrique d\'Ughelli. Et je peux vous dire que, bons ou mauvais, les chiffres ont un impact émotionnel sur moi. Tous les jours. En cette dernière année de son mandat, je tiens à remercier le président Obama de ne pas s\'être dérobé de la question difficile de la pauvreté énergétique. Il l\'a abordé de front en ayant compris que le modèle classique de développement, via des projets financés par le gouvernement, ne pourra pas fournir les mégawatts nécessaires à l\'échelle requise. Il a ainsi convié le secteur privé à être partie prenante de cette initiative en y impliquant fortement le secteur privé africain. Je vous en remercie, Monsieur le Président.

Ensemble, à travers Power Africa, le gouvernement américain et le secteur privé ont sensibilisé 120 partenaires des secteurs public et privé et ont mobilisé 43 milliards de dollars pour créer 60 millions de nouveaux raccordements à l\'électricité, en utilisant un mix de solutions énergétiques. Cela fera une incroyable différence pour l\'Afrique !

Je tiens à féliciter l\'équipe Power Africa pour cette feuille de route claire et stratégique.

Power Africa donne une feuille de route, fixe des objectifs, fournit une assistance technique et fédère des partenaires. Mais il nous appartient à nous - pays partenaires et secteur privé - de le mettre en œuvre. Cela dépendra de nous que Power Africa soit un succès ou un autre échec. L\'Afrique en a assez des délestages de toute sorte. Nous devons donc rester engagés et résilients parce que l\'environnement favorable dans ce secteur est difficile à créer. Il s\'améliore cependant et l\'Afrique sait récompenser généreusement l\'investisseur patient !

Il ne nous suffit pas pour autant d\'être juste des investisseurs résilients. L\'accès à l\'électricité est aussi une urgence humanitaire en Afrique. Des vies sont perdues et des potentialités disparaissent chaque jour que le déficit d\'électricité persiste. Ces pannes de courant interminables doivent déclencher des courants d\'indignation ! Le genre d\'indignation qui enflamme l\'activiste en chacun de nous.

Comment ne pas être scandalisés lorsque les études démontrent que ce sont les pauvres qui paient le plus cher pour avoir accès à l\'électricité ? Ceci parce qu\'ils ne peuvent l\'acheter qu\'en petites quantités !

Combien coûte une taxe équitable sur leur souffrance?

Oui je m\'indigne, mais j\'ai choisi de canaliser cette indignation et de la mettre au service de l\'action ; l\'action pour le changement ! J\'ai donc choisi d\'investir dans le secteur de l\'énergie tout comme j\'ai choisi de défendre l\'accès universel à l\'électricité en Afrique...avec la dernière énergie ! J\'ai préconisé que l\'accès à l\'énergie devienne un objectif de Développement Durable et j\'ai rejoint le Conseil d\'Administration de l\'initiative des Nations Unies \"Energie Durable pour Tous\". Puis, avec mes collègues Aliko Dangote, Kandeh Yumkella et Donald Kaberuka, j\'ai co-fondé l\'African Energy Leaders Group (AELG), un partenariat public-privé, qui vise à mettre la priorité sur cette question auprès des décideurs politiques régionaux et mondiaux. Je soutiens également le New Deal pour la Transformation du Secteur de l’Électricité en Afriquedu président Akin Adesina de la Banque Africaine de Développement

Au cours des deux dernières législatures du Congrès, je me suis engagé dans le plaidoyer auprès des législateurs américains pour obtenir la promulgation de la Loi sur l’Électrification de l\'Afrique. Ce projet de loi aurait pour effet de préserver et étendre l\'Initiative Power Africa bien au-delà de cette Administration en mettant dans la loi l\'accès à l\'électricité comme une priorité de la politique étrangère des États-Unis pour l\'Afrique.

Je tiens à remercier les sénateurs, Bob Corker, Ben Cardin, Jeff Flake et Chris Coons pour leur leadership dans le vote de ce projet de loi au Sénat.

Vous ne le savez pas, mais j\'étais en fait sur mon chemin de Lagos à Accra quand j\'ai décidé de faire un détour à Washington pour défendre le projet de loi et apporter mon témoignage sur le commerce entre les États-Unis et l\'Afrique. Mais il semblerait que les portes du Congrès soient fermées.

Au début de cette semaine, au nom de l\'AELG, Aliko Dangote et moi-même avons écrit une lettre ouverte à la Chambre des Représentants des Etats-Unis pour remercier les membres du Congrès Royce Eliot Engel pour leur leadership sur cette question à la Chambre. Le projet de loi sera présenté à la Chambre ce mardi. Je ne vous dis pas cela pour vous divertir. Vous avez investi dans cette initiative et je vous demande de protéger votre investissement et l\'avenir du programme. Je veux que vous quittiez cet endroit et appeliez tous vos représentants et la direction de la Chambre et leur disiez de passer ce projet de loi. L\'Afrique ne peut plus attendre ! Nous avons besoin duPower Africa, nous avons besoin de la Loi sur Électrification de l\'Afrique ! Donc, s\'il vous plaît, passez-les ces coups de fil !

Vive Power Africa, que Dieu bénisse l\'Afrique et que Dieu bénisse les Etats-Unis d\'Amérique !

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