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La prise d'otages de Bamako, un échec du G5, selon Ould Abdallah
Date : 26/2/1 à 06:13:09

Nouakchott, Mauritanie (PANA) - Ahmed Ould Abdallah, haut fonctionnaire à la retraite de l’Organisation des Nations unies (ONU), fondateur du Centre « Stratégie pour la Sécurité au Sahel/Sahara (4S), analyse la prise d’otages du Radisson de Bamako, perpétrée vendredi et revendiquée par le groupuscule « Al Mourabitunes » de Moctar Belmoctar, comme « un échec » des groupements sous-régionaux dans la gestion de la sécurité, à travers une contribution publiée mercredi par l’hebdomadaire mauritanien « Biladi ».

Cette attaque, d’une durée de plusieurs heures, a fait une vingtaine de victimes de diverses nationalités et causé d’importantes destructions matérielles, avec un impact psychologique difficile à évaluer à court terme.

Ahmedou Ould Abdallah relève avant tout « des facteurs structurels d’instabilité au Sahel/Sahara: de graves sécheresses successives, la marginalisation politique, économique et sociale des populations rurales, notamment des éleveurs, une gouvernance fragile et arrogante, une forte croissance démographique avec pour conséquence un chômage massif chez les jeunes, l’injection à fortes doses dans les économies de flux d’argent facile générés par la corruption et diverses formes de trafics - en particulier celui de la drogue -, la diabolisation des valeurs traditionnelles…».

Mais au-delà des facteurs structurels, « l’une des principales causes des échecs des regroupements sous-régionaux en matière de sécurité est à rechercher dans une approche nationaliste, toujours à court terme des gouvernants en matière de coopération régionale contre l’extrémisme violent ».

Le fondateur du centre « 4S » cite plusieurs exemples illustrant l’échec des tentatives de mutualisation des efforts en matière de sécurité et de renseignements.

Ainsi « 2009, l’Algérie, le Mali, la Mauritanie et le Niger ont créé un Comité d’état-major opérationnel (Cemoc) verrouillé autour de ses seuls membres, avec plusieurs engagements.
Mais quand le Mali s’est effondré sous les attaques de groupuscules terroristes en 2012, il a fallu l’intervention d’une puissance extérieure, la France ».

Analysant la composition du G5 du Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad), l’ex- haut fonctionnaire onusien déplore le fait que cette structure « exclut des Etats importants et disposant de capacités efficaces: Algérie, Maroc et Sénégal».

En mettant ces pays en marge « le G5 a démarré avec un handicap de ses capacités de sécurité et en termes de collecte et d’analyse du renseignement, ainsi qu’au niveau de l’efficacité diplomatique ».

La prise d’otages de Bamako a été perpétrée pendant que le G5 du Sahel tenait un sommet des chefs d’Etat à N'Djamena.
-0- PANA SAS/BEH/IBA 25nov2015
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