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Une multinationale saoudienne renonce à l'exploitation de terres dans le Sud mauritanien
Date : 11/09/2015 à 22:10:55

Nouakchott, Mauritanie (PANA) - L’Autorité Arabe pour l’Investissement et le Développement Agricole (Aaaid) - une société saoudienne, a renoncé à l’exploitation de 3.200 hectares de terre dans la commune de Dar El Barka (sud de la Mauritanie - Vallée du fleuve Sénégal), précédemment acquis sur la base d’une convention signée avec le gouvernement mauritanien en avril dernier, a appris la PANA de sources bien informées.

La renonciation de la multinationale saoudienne à l'exploitation de ces terres est motivée par un conflit né de la ferme opposition des populations de trois communes rurales (Dar El Barka, Dar El Avia et Ould Birom), qui ont contesté l’attribution opérée par les autorités sans leur consultation préalable.

«La décision de la société saoudienne a été notifiée aux représentants de ces communautés par le Premier ministre mauritanien, Yahya Ould Hademine, au cours d’une audience qui s’est déroulée le mardi 08 septembre dernier », a annoncé à la PANA, Sarr Mamadou, président du Forum national des Organisations de Droits Humains (Fonadh) - un collectif d’ONG fortement impliqué dans la lutte contre l’accaparement des terres au détriment des communautés.

La délégation reçue par le Premier ministre mauritanien était conduite par M. Kane Tijane, haut cadre à la retraite, ex-directeur général de la défunte Banque mauritanienne pour le Développement et le Commerce (Bmdc).

L’opposition active des populations des trois communes a été à l’origine d’incidents ayant entraîné l’arrestation de deux individus, placés en détention à la prison d’Aleg (250 km au sud-est de Nouakchott), qui ont retrouvé la liberté mardi dernier à la faveur du nouveau climat de détente née de la décision de l’Aaaid.

Le président du Fonadh explique la renonciation de la multinationale saoudienne par un principe basique « aucun investisseur ne voudrait mettre son capital dans une affaire au centre d’un conflit ».

Toutefois, au-delà du cas de Dar El Barka « qui représente une demie victoire », M. Sarr plaide pour la tenue en Mauritanie « d’Etats généraux sur la question foncière, en vue de prévenir les conflits et favoriser la cohésion sociale ».

Au-delà de la Mauritanie, les attributions foncières au profit de l’agro-business international, souvent qualifiées d’abusives, de menace contre la sécurité alimentaire par les ONG, restent une véritable équation.
-0- PANA SAS/BEH/IBA 11septembre2015
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